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chapitre 36

CHAPITRE 36. Dimanche 20 mai. Lettre à Bernadette et à mon frère au sujet du vidage de l'appartement. « Le premier ennemi de la connaissance n'est pas l'ignorance, c'est l'illusion de la connaissance. » Stephen Hawking. Bonjour Bernadette, Bonjour Alain, Voilà, j'ai un souci et j'aurais aimé avoir votre avis. Aux dernières nouvelles, dixit la mère, c'était il y a de cela un peu plus de cinq ans, Alain ne voulait rien récupérer de l'appartement de la mère et si possible ou en échange, ne pas participer. Lorsque j'ai repris contact avec toi, c'était il y a environ un an, je t'avais parlé d'une lettre de Joëlle au sujet de ce déménagement mais dessus il n'y avait pas de lieu d'un quelconque rendez-vous et cette même lettre n'a jamais été datée. Ce courrier avait été posé tel quel dans ma boite aux lettres à Saint Paul d'où mes interrogations nombreuses. Comme je n...

CHAPITRE 35

CHAPITRE 35. Mi-mai. Rendez-vous au Palais et première vraie rencontre avec ma sœur. Aujourd'hui on m'a fêté mon anniversaire. Ce n'est pas fou ça ? Enfin, pas tant que ça, c'est une inconnue qui a fait le rapprochement, il était neuf heures trente. J'étais là, au Palais de Justice, à attendre l'avocat. Deux personnes étaient devant moi. Quand ce fut mon tour je pénétrais dans le bureau. Le même que la dernière fois, seul l'avocat change. C'est une femme qui m'accueille. Avant d'expliquer mon histoire il faut désormais répondre aux questions de l'avocat. « Votre nom, votre adresse, votre date de naissance... » Elle lève la tête dans ma direction « Bon anniversaire alors... » Sur le coup je ne comprends pas trop. Ah oui, c'est aujourd'hui. J'ai l'air un peu, beaucoup ridicule. « Vos revenus, votre téléphone, comment vous nous avez connus ? Je vous écoute ». Devant moi une feuille A4 pliée en deux av...

CHAPITRE 34

CHAPITRE 34. Début mai, la suite. La mère, la fille et la petite fille même combat, même hypocrisie. Je me suis réveillé avec Jules Renard dans la tête « Si l'argent ne fait pas le bonheur...Rendez-le ! ». Comme entre deux rêves je l'entendais très nettement. Dans mon discours imaginaire, Spinoza répondait « Ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre ». Et Mme de Stael aurait même ajouté « Comprendre c'est pardonner ». En attendant, depuis près d'une semaine, je me réveille avec une horloge dans la tête. Chaque fois que je regarde l'heure il est cinq heures du matin, à un quart d'heure près. Et quel que soit l'heure du coucher. C'est fatiguant à la fin. Je pense à ma mère, à ma sœur et à ma nièce. Elle qui parlait, lors de la cérémonie, de « meilleure amie » j'y vois plutôt une histoire de gènes. Elle qui parlait de « refus de toute hypocrisie » j'y vois, au contraire, un manque total de sin...

CHAPITRE 33

CHAPITRE 33. Début mai. « Ce qui ne détruit pas rend plus fort. » Où je récupère la facture des pompes funèbres. Nietzsche. Aujourd'hui je suis passé chez mon bouquiniste. J'y ai trouvé un livre qui me semble très intéressant sur les sciences modernes, un essai de Jacquard, un vieux livre du docteur Émile Durkheim (1858-1917) sur le suicide – Il fut considéré en son temps comme le père de la sociologie française – ainsi qu'une brève histoire de l'avenir de Jacques Attali. J'ai bien vu des auteurs tels que Daniel Pennac ou Philippe Delerm, des auteurs que j'aime bien sûr, mais j'ai déjà tellement de livres que je dois désormais faire attention. Posséder plus de mille livres, c'est un problème. Alors, quand celui-ci devient un multiple on peut se sentir un peu écrasé par ce poids. Il y en a de partout. Cela me fait penser à la concierge de « L'élégance du hérisson », salut Muriel B. En fin de matinée j'ai...

CHAPITRE 32

CHAPITRE 32. Vendredi 27 avril Première rencontre inattendue, dans un tramway, avec Joëlle...Je m'interroge. « Un homme déshonoré est pire qu'un homme mort. » Miguel de Cervantes. Contrairement à début avril j'ai plutôt tendance à aller à Saint Paul vraiment à reculons. Pour être tout à fait honnête je me demande si je ne viens pas de soulever un lièvre. Je me pose plein de questions. Je n'ai pas vraiment de réponse. J'avais dit à Angélique, lors de notre départ du cimetière, que je l'appellerai d'ici quelques jours. Ceci lui laisserait le temps de déménager et de s'installer. Avec son nouveau compagnon ils viennent de racheter une maison. Elle m'a montré des photos, la maison à l'air jolie et isolée dans la campagne. Si j'ai bien compris, avec ses frères et le reste de la famille, ils doivent se retrouver ce week-end pour ce fameux déménagement. Et Alain ? Moi, on ne m'a rien demandé. Je devrais la rencontrer ...

CHAPITRE 31

CHAPITRE 31. Jeudi 26 avril. « Ce n'est pas une fois la recherche achevée que nous éprouvons de la joie, A la recherche du lys, des factures se mettent à parler. mais pendant la recherche elle-même. » Épicure. J'ai retrouvé les clefs de Saint Paul ! Et en plus je n'ai même pas à y retourner. La veille de cette journée j'ai acheté une débroussailleuse et j'ai choisi de faire le montage sur place. En ce moment, il est vrai, que j'en ai un peu marre de tout mettre en branle à chaque nouveau chantier. En fait, le courage me manque. J'ai prévu une journée light. Au programme, monter la débroussailleuse et couper l'herbe dans la foulée. Puis ratisser et ramasser l'herbe dans des grands sacs et direction les poubelles. Il est un peu plus de six heures et j'apporte avec moi d'un côté la débroussailleuse et de l'autre des réserves de bouteilles d'eau. Je fais un dernier voyage pour char...

CHAPITRE 30

CHAPITRE 30. Mardi 24 avril Confirmation pour le notaire et la peur d'Alain. J'ai du mal à y croire mais là je viens de battre un record. Je viens de dormir, d'affilée, près de sept heures. Cela me change de toutes ces nuits où ce sommeil stagnait entre deux et quatre heures. Certes, j'ai toujours été un petit dormeur mais là c'était trop peu. Je me lève avec l'esprit plus clair, cela me change. C'est la première journée où je me sens plus libre, au moins dans ma tête. Je me rends compte, par la même occasion, que depuis plus de six ans c'est la première fois que ces voix que j'avais constamment en moi se taisent. Toute cette haine semble disparue. Pour toujours ? En tout cas pour l'instant et notamment depuis la journée de samedi et mon passage à l'église. Bien sûr je n'en déduis rien, simple contestation. « Simple, basique », non ? Je pense à Bossuet et « Ce bonheur humain composé de tant de pièces qu'...