CHAPITRE 52

CHAPITRE 52. Fin juin. « Un hypocrite a du miel Une histoire de cambriolage avec méthode Couet. sur les lèvres, mais son cœur cache un poignard. » J'ai très mal dormi cette nuit. Je n'ai pas retrouvé la fameuse pochette. J'ai bien pensé à une chose mais j'ai préféré... Une histoire de trousseau, de clefs avec adresse fournie. Non, ça serait trop affreux ! J'ai essayé de me persuader que j'avais mal cherché dans tout mon bordel. Oui, j'ai essayé de me persuader, une sorte de méthode Couet. Je m'en vais tout oublier. Je passe ce week-end à la campagne. J'arrive sur place, en voiture, il est huit heures trente. A neuf heures, boulangerie oblige, je suis sur le toit. J'interviens et profite du jour qui se lève. Comme une envie de dire « Enivre toi de l'éternité de cette journée ». On se sent toujours libre sur un toit comme en dehors de la maison, de la société. J'aime bien cette sensation. Je m'assois, je ne fais rien, je suis bien. Envie aussi d'entendre Serge et « Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve » Parfois un petit vent agréable, et puis plus. Je profite comme certains de l'instant, du présent. Comme le temps se veut superbe, un ciel bleu immaculé et des températures dépassant les vingt degrés le matin et prévues pour l'après midi à plus de trente, j'ai prévu de faire bronzette sur mon transat. Cela fait des années, près de dix, que je ne l'ai pas fait. Pour l'heure le soleil n'arrive pas encore dans le jardin alors je décide de m'attaquer à ce que j'ai toujours appelé « La petite maison » et plus précisément refaire une partie du plancher. Le programme de ce matin sera de scier les différentes planches, prévoir et donc couper des cales de maintien par avance et clouer une partie du plancher. C'est mieux de faire ainsi. Il faut savoir prendre son temps. Parfois cela permet de mettre en évidence des oublis voire des erreurs. Une fois cloué c'est du définitif ! Quand je lève enfin le nez de mon ouvrage il est près de treize heures. Je mange sur le pouce, deux mini sandwiches préparés par mes soins, et direction le transat. Comme c'est bon, j'avais oublié ! J'ai l'effet d'être bombardé par des millions de petites particules. J'ai cette sensation de n'être que l'une d'elles, perdue dans cet univers et je pense au docteur en astrophysique Trinh Xuan Thuan. C'est lui notamment qui comprimait quatorze milliards d'années en une seule. Extrait de la collection « Dictionnaire Amoureux » du ciel et des étoiles il explique « Le 1 janvier c'est bien sûr le big-bang, le 21 février naît la Voie Lactée et il faudra attendre le 3 septembre pour qu'apparaisse le système solaire et ses planètes. Le 23 septembre c'est au tour des premières cellules de vie sur terre. Les premiers poissons et autres vertébrés devront attendre le 18 décembre et dix jours plus tard apparaîtra un astéroïde géant et par la même une sortie de scène des dinosaures. Quant à l'espèce humaine, tout son développement se déroulera au soir du 31 décembre et encore à peine avant 22 heures ». Comme un voyage dans le temps. Cela relativise, non ? Je me dis que si je continue ainsi je risque carrément de me laisser aller et je ne suis pas à l'abri de m'endormir. Une phrase résonne dans ma tête « Soit tu te rendors pour continuer tes rêves soit tu te lèves pour les réaliser » Je lézarde près d'une demi-heure. Entre le soleil et moi pas un obstacle. J'ai l'impression de perdre toute mon eau, mon front est en sueur et le reste aussi. Je sais qu'un corps, de surcroît sans aucune protection, abandonné au soleil ne doit pas être exposé plus de vingt-trente minutes alors, passé ce laps de temps, je me lève. De toute façon je ne pouvais plus tenir. Je savoure d'être à l'ombre avec en prime un très léger vent. Je retourne voir mon plancher. Pas mal. Je laisse ainsi. Je balaie, range mes outils, remets les meubles et quitte la petite maison. Je termine cette journée entre des passages sur mon transat et des bricoles que j'aurais dû faire depuis longtemps mais que je reportais continuellement. A dix-neuf heures je rejoins la maison. Souper léger et direction le lit. J'écoute les cinq-six stations disponibles sur la bande FM. C'est ainsi à Saint Paul, suivant la radio dont je me sers j'obtiens parfois deux ou trois stations, parfois plus de vingt et pour l'heure cette radio que j'ai me permet d'arriver à six maximum. Souvent, si je ne trouve pas mon bonheur sur France Culture ou France Inter, c'est mort. Il ne reste que France Musique, c'est sinistre, enfin faut aimer, NRJ ou une radio locale avec des succès d'autrefois, de l'accordéon voire même des chansons folkloriques. Pour les amoureux d'accordéon et de Berthe Sylva c'est le paradis, faut aimer aussi. France Culture ne m'intéresse pas, idem pour Inter alors j'écoute un temps NRJ. C'est bête et méchant comme dirait Hara-kiri. Ils ont changé d'animateur, dommage. L'équipe n'est plus la même. « Je dois garder la mort en fond d'écran. » Ça frôle la gêne. Jean-Louis Servran-Schreiber. Ce n'est pas drôle. J'arrête la radio. La nuit est tombée depuis bien longtemps. Je dois dormir. Je pensais que la nuit serait plus fraîche et ce fut tout le contraire. La température fut très agréable. Je regarde l'heure, il est quatre heures, j'ai donc dormi cinq heures. J'écoute la radio avant de débuter ma journée. Une journée qui sera obligatoirement courte car j'ai prévu de partir avec le car de midi. Un match de football se déroule, à la télévision, cet après-midi des seize heures. J'attaque dès six heures par du ménage puis du désherbage. A sept heures je fais parti des premiers clients de la boulangerie. Jusqu'à dix heures je fais ce que je nomme de la petite bricole. A quinze heures je suis devant ma télévision. 2 az + bz + c = a ( z – z ) ( z – z ) 1 2 A noter : J'ai fait des recherches sur Internet et j'ai enfin trouvé d'autres réponses à mes questions. « Pendant longtemps on a opéré les amygdales par la guillotine de Sluder- explique le docteur Dervaux- Il s'agissait d'une pince, un peu comme un coupe-cigare, qui permettait d'énucléer les amygdales. L'intervention durait environ cinq minutes. Aujourd'hui elle se fait sous anesthésie générale, avec intubation et par dissection. L'intervention dure en moyenne une demi-heure ». -------------------------------------------------------------- « Ce n'est pas la douleur qui Entendu sur Europe 1. nous fait grandir, c'est de s'en libérer. » Sophie Péters. C'est l'heure de la libre antenne. Une dame, la cinquantaine, explique « Ma mère est morte il y a environ six mois. Vous savez nous sommes ce que l'on appelle une grande famille – On sent que la dame est hésitante – Une de mes sœurs a décidé de rejoindre le village de notre enfance et s'est installée dans la maison de notre maman. Vous savez avec Christine - la sœur en question - ce n'est pas vraiment le grand amour. Nos relations ont toujours été tendues et notamment quand j'ai découvert une certaine maltraitance envers ma mère et puis d'autres comportements... » Une de ses sœurs, elle, semble toute heureuse. Elle lui disait dernièrement « C’est bien que Christine est récupérée la maison, au moins nous n'avons pas de souci pour l'eau, l'électricité ou les autres taxes diverses. Tu sais que son déménagement lui a coûté 4000 euros ». L'auditrice n'a pu s'empêcher de rajouter « Oui, mais comme elle ne paie pas de loyer. Dans la réalité, c'est nous qui lui payons son déménagement. » La maison devait être plutôt grande car outre les nouveaux meubles, tous les meubles de la mère trouvèrent une place et la dame de préciser « Ma mère aimait les très beaux meubles. Dans la maison ils étaient omniprésents et toujours de très belles factures. » Normalement « cette location » devrait durer six mois, le temps de mettre la maison en vente et à Christine de trouver une nouvelle habitation mais la dame s'interrogeait. Je crois que beaucoup devaient partager cette interrogation. La sœur va déménager à nouveau dans six mois ? Sûr ? Et les meubles ? Elle termine en parlant du notaire « Prochainement nous allons entrer dans la période des grandes vacances et en septembre le délai de six mois sera fini. Que risque-t-il de se passer ? » Sophie prit la parole « Je comprends bien le contexte. Je vous comprends aussi mais le notaire résoudra obligatoirement le problème. Vous savez c'est son travail. Même si la date est légèrement repoussée soit elle rachète vos parts, et devient de ce fait propriétaire, soit elle déménage. Un conseil : Fixez un prix et tenez-vous-en. Sœur ou pas, le prix c'est le prix ! » Encore une fois, Sophie avait raison. Là, dans cet exemple, c'était encore jouable ! Après, le prochain auditeur souhaitait parler de ruptures amoureuses, alors j'ai changé de station. Rien sur France Info, rien sur RTL, rien sur RMC alors j'ai tourné le bouton des stations à la « vas-y comme je te pousse. » « C'est toujours ce qui éclaire qui demeure dans l'ombre. » Edgar Morin. Et puis une voix... « ...C'est vous qui avez rencontré Coluche et c'est également vous qui aviez prédit, quelques semaines avant sa mort, qu'il allait avoir un très grave accident de moto, non ? Vous êtes voyante ? -- - Ah non. Je ne suis nullement voyante d'ailleurs je ne pourrais pas tenir un cabinet de voyance. Je ne vois pas le futur immédiat. Les « flashs » que je vois concernent seulement la fin de vie. » L'animateur parle d'autres visions à propos de différentes personnalités. Étonnement, je suis ce programme. Étonnement, oui, car pour tout ce qui est paranormal je ne peux pas dire que ce soit ma tasse de thé. Je range ces voyants, médiums et autres charlatans là où ils devraient rester et donc ni ici, ni là, ni là-bas et encore moins ailleurs. Je pense à dieu, il y a-t-il une différence ? On a, peut-être, j'espère, plus de chance de trouver un peu de compassion chez un homme de dieu que chez ces gens-là, non ? En fait ce qui me surprend le plus ce sont les propos de l'intervenante. D'habitude « ces gens-là » - Salut Jacques – sont toujours trop sûrs d'eux-mêmes. Ils débitent leur logorrhée et en cela ils me font penser à nos chers, trop chers avocats. L'animateur tente une nouvelle approche et la réponse étonne d'autant « Quand nous mourrons, nous rejoignons un autre monde, plein de bienveillance, où chacun est heureux... » Je n'ai pu m'empêcher de penser « Oui, mais là, si l'on prend un tueur en série, un violeur...La personne pardonnera obligatoirement ? Mais où est la liberté ? Et notamment de penser ? » Donc tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, non ? Certaines personnes disent avoir déjà frôlé la mort. Elles parlent d'une grande lumière, d'un grand couloir, d’une paix intérieure et elles racontent également des souvenirs joyeux qui ont jalonné leur vie. J'espère bien qu'elles se trompent car je ne vois pas de moments vraiment heureux me concernant...ou si peu. En revanche pour les mauvais ils sont pléthores. Je ne recherche pas la lumière mais le noir, le néant. Quand j'étais petit, outre mon oranger et ses univers, je pensais qu'une fois mort nous nous retrouvions dans un très grand dortoir et que le temps existait différemment. Ainsi entre un homme mort par exemple en l'an mille et notre siècle, les deux individus se réveillaient peut-être dix secondes, dix minutes ou peut-être dix heures après. Où l'on retrouve cette distanciation du temps. J'espère bien mettre trompé ! Pas envie de continuer. Pourvu qu'il n'y ait plus rien. Envie de dire : J'ai assez donné, non ? Si je rencontre quelqu'un là-haut, je crois que j'en mourrais une nouvelle fois. J'ai arrêté la radio. « Que de gens ont voulu se suicider, et se sont contentés de déchirer leur photographie. » Jules Renard. e ( 2 x ) + 2 e ( x ) + 1 = 0 (Depuis un certain nombre de jours, je sens monter en moi une très grande colère. Le jour, la nuit...je me transforme en assassin. J'élabore une multitude de plans divers, tous les uns plus affreux que les autres.) Plus tard. Je me suis réveillé en nage. Putain, quel cauchemar ! Je ne sais pas si Christine et ses frangines en sont responsables ou alors les propos de la dame de l'au-delà mais là je me scotche. Je vois, devant mes yeux, mon frère...Et moi à côté. Mon frère rigole. Son rire se transforme en « Malin ». Il me parle « Bien sûr que je suis au courant de tout. Du vidage de l'appartement et tout le reste... C'est bien fait pour toi...Allez... » Et moi je reste là, assis dans mon lit, comme un con, comme un raté, comme une merde. Shit alors ! Fin du cauchemar, le réveil affiche trois heures trente-cinq. Je me lève... ou pas ? « La vie n'est ni longue ni courte. Mais elle a des longueurs. » P Doris. Je me laisse aller à la rêverie...Comme disait Coluche dans l'un de ses sketchs « J'ai tout lu Freud ! » Presque pareil. Mais j'ai fait l'impasse sur l'interprétation des rêves, ni voyant aucun intérêt. C'est bien de découvrir la psychanalyse avec Sigmund. Il a l'avantage d'être simple à lire, accessible Pas de grands mots, presque un plaisir, un certain plaisir. Même si je reconnais encore plus de plaisir avec Carl Gustav Jung. Où quand l'élève dépasse le maître... J'aurais dû lire ce bouquin. Pensait-il comme les anciens grecs, à l'âge de Socrate notamment, que le rêve pouvait avoir un quelconque lien avec l'histoire ? Je me souviens de mon déplacement à Vienne. De ma visite dans son ancien appartement, du quartier. De son grand canapé dès la porte franchie, de cette lumière tamisée... J'étais venu presque spécialement pour voir l'endroit où Freud vivait...Je repartais presque heureux et en profitais même pour aller à la rencontre des cafés viennois et ses douceurs. Freud et ses belles théories. Parfois je me dis, un peu comme Jean-Jacques Rousseau, il y a la théorie et puis...La pratique. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais. Et pourtant Jean-Jacques l'avait confirmé « Pour être quelque chose, pour être soi-même et toujours un, il faut agir comme on parle » Mais Jean-Jacques l'a-t-il fait ? Toujours fait ? « Adieu l'Émile je t'aimais bien », par habitude. L'éducation, version Émile, moi, cela m'a plutôt séduit. Je m'en souviens c'était pendant l'étude, à l'heure du lycée horticole. Depuis quelques années je venais de découvrir...un univers fascinant ...les bibliothèques municipales et notamment une. Chaque semaine on avait le droit d'emprunter dix livres. Quel luxe, non ? n p Bn ( x ) par L ( ( z + x ) ) --------> B p + 1 ( X + 1 ) – B p + 1 ( X ) = ( p + 1 ) X Il m'est arrivé un truc bizarre, comme ça, s'en crier gare. Comme toujours, depuis ce fameux 13 février, je pensais à tout ça et puis tout le reste et notamment ces trois derniers mois qui nous emportaient fin juin. Je refaisais mon monde quand une image s'est imposée à moi. Normalement c'est le cerveau qui déclenche un raisonnement ou une image mais parfois on dirait que ce dernier ne trouve pas sa place. L'image sort de nulle part et se retrouve là, sous vos yeux. J'étais là à mettre des images sur tous ces comportements, à essayer de comprendre le pourquoi du pour qui ; le comment du parce que, quand mon cerveau a « bug » J'avais plein d'images qui se succédaient, s'enchaînaient, se croisaient, quand ma mère m'apparut. Nous étions dans la cuisine. Moi sur le tabouret et elle sur sa chaise. Elle me parlait de l'enveloppe pour Alain. J'avais annoncé un chiffre et ma mère a fait la moue. Elle semblait contrariée. Pas vraiment d'accord...Je me suis même dit qu'Alain était bien descendu dans son estime. J'ai fait les deux chèques en même temps, un pour mon frère et un pour ma sœur car les deux étaient proches et au moins je n'aurai pas à le refaire. Je ne possédais pas, à ce moment, une enveloppe, enfin deux enveloppes pour mettre les deux chèques. Alors ma mère m'a proposé de faire enveloppe commune. Moi, je ne voyais aucun problème pour le faire et même cela m'arrangeais. Je n'ai jamais aimé toutes ces cérémonies... Oui ainsi c'était très bien ! Après je n'y ai plus pensé. Pour Joëlle nous avons fait de même, la même somme. Moins pour Angélique étant donné ma « non invitation » N = R° . fp . ne . fl . fi . fc . L Ai-je eu vraiment raison ? Après les procurations ? Après le coup des photos ? Après la rente ? Après tout le reste, et encore plus... A-t-elle respecté notre accord ? J'ai pensé à Bernadette et sa conduite, à Alain depuis son mariage et aussi à Joëlle avec son mari. Mais aujourd'hui personne pour répondre. Personne ! Rien que des doutes. Je vais devoir prendre sur moi...et même les restes ! C'est totalement fou ! Quand je pense au mariage d'Alain et de Bernadette je revois Guy et sa fierté d'offrir un chèque en Euro. Presque personne n'en possédait, non je crois que l'on peut enlever le presque. Sauf erreur de ma part et même si nous ne partagions pas la même monnaie (je restais fidèle au Franc, comme tout le monde d’ailleurs) j'étais plutôt content quand il a inscrit le montant. En effet, sans se concerter à quelques dizaines d'euros, moins de cent, les sommes étaient similaires. Oui, au début, j'étais plutôt heureux. Je me suis même dit qu'en tant de directeur, et même à la retraite, il aurait pu faire mieux. Et juste après, pour ne pas dire au même instant, j'ai pensé qu'en qualité de frère c'est moins qui m'étais trompé. Et puis je me suis dit qu'il en avait été ainsi. Pour moi le plus important était que pour ma sœur et mon frère il n'y ait pas une quelconque préférence, une quelconque différence. Oui, c'était cela l'important. « Une famille c'est une mini société que l'on ne choisit pas. » 1 111 11111 11111 222 11111 22222 33333 4 11111 22222 33333 44444 55555 66666 11111 22222 33333 44444 55555 66666 77777 88888 99999 « Tout est affaire de décor, changer de lit, changer de corps. A quoi bon puisque c'est encore, moi qui moi-même me trahis. Moi qui me traîne et m'éparpille et mon ombre se déshabille. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et leurs baisers, au loin, les suivent. Aragon. BISOUS BISOUS BISOUS BISOUS BISOUS BISOUS
Comme la photo est belle et pour le moins intemporelle. On dirait que rien ne va changer et pourtant à l’image de l’eau, pour ne citer qu’elle, sinon la liste serait tout bonnement sans fin, que nous prévoit l’avenir ? La France produit en moyenne 35 millions de tonnes de blé tendre par an. Elle est le premier producteur de blé tendre de l’UE. Certes, bien loin derrière la Chine, l’Inde et la Russie. Le blé domine le commerce international des céréales. Chaque année 650 millions de tonnes de blé sont produites. Et demain qu’en sera-t-il de ce blé, genre Triticum ??? Le dérèglement climatique entraîne une accumulation de périodes sèches et chaudes et donc une augmentation des fluctuations des rendements de la production de blé. Il va donc falloir des variétés de blé plus résistantes à la sécheresse, non ? Le blé sera-t-il « la ruée vers l’or » d‘autrefois ? « AU VOLEUR ! A L’ASSASSIN ! AU MEURTRIER ! JUSTICE ! JUSTE CIEL !» L’avare de Molière. Et comme si tout ceci ne suffisait pas « Y’ en a un peu moins, je le prends aussi » Je suis retourné à Saint Paul. Désormais je ne ferme plus le volet qui empêche, normalement, toute entrée. Ceci ne sert à rien. Je sais depuis bien longtemps que des choses disparaissent mais là ce fut… un CHOC. La porte à peine franchie tout semble « normal » Je prends la direction des chambres. Dernièrement, pour ne pas dire très récemment, j’ai changé la pile de la pendule. Je constate, une fois dans la première chambre, que tout semble « normal », idem pour la deuxième. Je pose mon téléphone avec ses écouteurs, les clefs… quand soudain je vérifie l’heure à la pendule. Elle retarde d’une heure et demie ?!?!??? Je regarde ma montre. Je regarde la pendule. Énorme interrogation… Je ne suis pas fou quand même !!! J’ai pensé à eux, j’ai pensé à elles. Pourquoi ? « Et pourquoi pas ? » diraient les autres. Je préfère ne pas aller plus loin dans ma réflexion car je dois profiter de ces vingt-quatre heures sur place. Je remets les aiguilles de la pendule à l’heure. Outre pas mal de choses à faire, je dois impérativement changer une tuile sur le toit de la maison principale. En réalité cela fait deux rendez-vous que je ne l’ai toujours pas fait mais aujourd’hui je dois le faire. Pour être tout à fait honnête cela fait presque deux ans que je suis l’affaire. A l’époque j’avais eu la flemme d’aller chercher une tuile dans ce débarras situé de plain-pied dans la petite maison et armé d’un gros scotch étanche j’avais résolu le problème. Puis je l’avais oublié. Aujourd’hui je me devais de le faire, c’était ma mission numéro 1 ! Je récupère une tuile, la brosse et direction le grenier. C’est d’ici que l’on accède au toit du grenier mais également à la maison principale. Passé le seuil de la maison, le salon, me voici face aux escaliers avec ses marches branle- ballantes, enfin surtout deux. J’allais rejoindre enfin la dernière marche quand mon œil s’interroge. Depuis je ne sais plus quand, la première chose ou plutôt les premières choses que l’on aperçoit ce sont ces nouveaux escaliers pour accéder à la lucarne de toit, un meuble bas qui me sert aussi de range vis, clous et autres outils pour bricoler et enfin un tableau en bois sculpté, avec des couleurs tellement belles… Ce dernier doit faire environ cinquante centimètres pour un hauteur d’environ un mètre. Il n’est plus là ! Il a disparu ! Au voleur ! Mais… C’est un choc !!! Que faire ?? Quoi faire ? Rien… Encore une fois. Je ne m’attendais pas à cela ! Je me retourne dos aux escaliers. Je vois les vélos, les meubles, des outils, du parquet, des longues planches de bois achetées pour la grange… Bref ! Tout le monde est là. Tout le monde ? Petit retour en arrière : Depuis environ une dizaine d’années j’ai changé ma table de salon de mon appartement. Et toute naturellement j’ai stocké l’ancienne dans mon grenier à Saint Paul. Le grenier étant bien rempli j’avais déposée celle-ci en plein centre et l’avais recouverte d’une bâche. Avant de la recouvrir j’y avais entreposé une tronçonneuse et un taille-haies encore dans son emballage. Il n’y avait plus rien ! Plus de table, plus d’outils !!! J’étais sonné. De nouveau sur le ring, de nouveau sur le grill. J’ai vu devant moi ce film « Million Dollar Baby » et cette jeune fille pleine d’amour qui offrait une maison neuve à sa mère alors que cette dernière était totalement toxique, sa famille également. Putain de film Clint, non ? J’étais tellement écœuré que je suis redescendu aussitôt. J’ai rejoint ma chambre et me suis allongé. Vers seize heures je suis parti, direction le transat et un peu de bronzette. Le vent a fait que je n’ai pas vu l’heure passée et ce sont les cloches de l’église qui m’ont annoncé qu’il était cinq heures. J’ai flemmardé quand même un petit quart d’heure supplémentaire. En me levant j’ai vu la haie. Je devais la tailler. J’en ai fait la moitie, peut-être plus. J’ai mis les branches dans deux grands sacs et direction les poubelles. J’ai fait deux voyages puis j’ai repris à nouveau les sacs et remis les dernières branches coupées. Demain, à l’aube, je viderai le reste. Pour le toit on verra demain ! « Celui qui peut sourire alors qu’on l’a volé… …vole lui-même quelque chose à son voleur. » Othello de Shakespeare. J’ai très mal dormi. Je me suis réveillé à une heure trente. Deux heures ont sonné à l’église, puis trois. A trois heures trente j’ai arrêté la radio. J’ai dû m’endormir vers quatre heures. Quand j’ai ouvert à nouveau les yeux le jour s’était levé. Je me suis levé comme un seul homme et cela tombait bien, j’étais seul à bord. Moi qui débute mes journées toujours entre cinq heures trente et six heures, la pendule affichait sept heures. Ma montre aussi… J’ai sauté du lit, mis mes chaussures et pris le sac. J’ai vidé ce dernier et comme toujours je suis passé par les WC public. Je me suis lavé vite fait, très vite fait, rempli des bouteilles d’eau et j’ai profité de l’occasion pour la grosse commission. J’ai rejoint ma chambre pour faire le point. Je devais changer cette putain de tuile, aujourd’hui ! Vers huit heures j’ai pris la direction du grenier. J’étais tel un automate. Je devais le faire alors je l’ai fait. J’ai changé la tuile. Mais une fois sur place celle d’à côté s’est avérée problématique également. Je suis retourné vers la petite maison, brossé la tuile et renouvelé l’expérience. Voilà, c’est fini ! J’ai fait le tour du toit : RAS ! Je suis assez content du résultat. J’avoue avoir eu peur de complications… Mais non ! Tant mieux. Le temps de tout ranger, il n’était pas loin de dix heures quand j’ai refermé la porte. Avant de fermer définitivement je suis retourné dans la chambre. J’ai regardé ma montre, la pendule affichait la même heure. Je crois bien que je ne me suis pas remis de la scène d’hier. Quand j’arrive chez moi, et comme toujours, la première chose que je fais s’est rechargé mon téléphone. Après je range mon sac : la bouffe au frigo et le reste ailleurs… ----------------------------------------------- Mon téléphone est presque chargé, soixante-seize pour cent. Je l’allume. Sur Twitter il y a de nombreux messages en attente. Je survole un peu tout le monde quand je vois… ...Une photo, sa photo, cette photo, la photo. Cette jeune fille de trente-cinq ans qui depuis de nombreuses semaines partageait avec les internautes. Elle était en soin palliatif et souvent elle rêvait « Je voudrais tellement pourvoir être dans mon jardin, avec mon mari, mes enfants, ma famille, les gens que j’aime. Dans mon jardin et sentir la douceur d’un soir. » Elle était décédée. On annonçait ses funérailles. La dernière fois où j’ai eu des nouvelles, sans compter celle-ci bien sûr, et pour la première fois j’avais relevé ses mots et j’étais bien loin de penser qu’ils seraient parmi les derniers « L’approche de la mort enlève tout à coup les barrières, les craintes, les retenues. Si seulement on pouvait le comprendre plus tôt… que d’angoisses et de temps perdu on s’éviterait ». Il était dix-huit heures quarante-cinq. Twitter n’est pas un monstre, qu’un monstre et puis Bip… Bip… Bip. Et encore une belle journée de merde, non ? Et encore un beau week-end de merde, non ? Et encore une belle vie de merde, non ? Merde, Merde,et Re-Merde !!! -- 27 Proton (+) → 1,673 . 10 Kg → (1,673 yg) … Et mon frère dans tout ça ? … Autrefois j’aurais été sûr ! … Aujourd’hui, je ne sais plus ... -- 31 Électron (-) → 9,109 . 10 Kg → (0,0009 yg)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

CHAPITRE 57

CHAPITRE 54

chapitre 1