CHAPITRE 46
CHAPITRE 46.
Mercredi 13 juin.
Rencontre avec ma conseillère, deuxième.
« La principale caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental, mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux » dixit Hannah Arendt. Je le pense et parfois je me dis même et si on enlevait « De masse ».
C'est dans la nature humaine...Au plus profond...Une peur lointaine, incontrôlée, incontrôlable...
Ai-je eu peur de rencontrer un nouvel avocat ? Une chose est sûre, je n'y suis pas allé. Ça commence bien comme plan de la dernière chance. Et mardi la journée fut-elle bonne ? On voit le verre à moitié vide ou à moitié plein ?
C'est Pierre Desproges qui disait « Sans pile, on perd la face ».
Ma conseillère Pôle Emploi était en rendez-vous tout le matin mais à partir de treize heures trente elle doit faire ce qu'ils nomment de l'administratif. A l'accueil on me précise « Normalement elle devrait pouvoir vous recevoir ». Super, je repasserai dans l'après-midi.
Après un détour par la médiathèque, puis un temps pour manger, je me représente à quatorze heures
Je n'ai pas le temps de poser mes fesses qu'elle arrive. Toujours souriante, parfois des conseillers oublient, c'est toujours une bonne entrée en matière. Elle s'assoit à mes côtés, dans cette salle d'attente, contrairement à d'habitude où nous prenons directement la direction de son bureau.
« Je ne vais pas pouvoir vous recevoir aujourd'hui – silence – je peux demain à treize heures trente, c'est urgent ?
-Oui, enfin non...Demain... ? D'accord pour demain ». « A force d'oublier l'essentiel,
Elle me raccompagne, toujours souriante et bienveillante. Je me suis oubliée
Alors ce verre à moitié plein. On va attendre demain pour se prononcer. Moi-même. » Diam's
Cette journée de mercredi c'était joué d'avance. Je m'y voyais déjà, en train d'attendre l'avocat pour cette matinée et mon rendez-vous avec ma conseillère en début d'après-midi. Avec un réveil à deux heures trente du matin, j'étais plus que large.
J'ai traîné devant la télévision. A quatre heures j'ai essayé de me rendormir, en vain.
A cinq heures j'étais à nouveau devant l'écran. J'en ai profité pour déjeuner puis j'ai pris la direction de la salle de bain. A cet instant précis de l'histoire j'étais sûr de moi.
En sortant aussi. Je me suis servi un nouveau café... Puis j'ai douté « Vais-je apprendre quelque chose ? Il y a-t-il un quelconque intérêt... ? » Je me suis vu attendant sur ces bancs, lumière tamisée et ce panneau d'affichage avec pas très loin une pendule. J'ai pensé aux questions que l'avocat allait me poser. Je n'ai pas eu envie de me répéter. Et puis je me suis dit que ces informations récoltées par ces avocats elles doivent bien atterrir quelque part. Pas envie de passer pour celui qui abuse, le cas social. Puis j'ai repris espoir. Je devais m'y rendre, je devais le faire. J'ai récupéré ma pochette avec les documents préparés la veille. J'ai programmé mon départ entre sept heures trente et huit heures. Je savoure ce temps que je viens ainsi de m'accorder et décide d'aller visionner différents journaux notamment sur les chaînes d’information, histoire de me faire ma propre opinion.
C'est comme en radio ou en presse écrite, il ne faut jamais se contenter d'un seul point de vue.
C'est ainsi que l'on s'informe, Non ? Je navigue ainsi entre BFM, C News, LCI et France Info.
A six heures j'étais fin prêt...J'attendais l'heure dite...
A six heures trente également...Après j'ai repensé à l'attente...Le panneau d'affichage...Les questions de l'avocat...De mes espoirs, peut-être...
Dans ma tête c'était tout noir, on aurait dit du Pierre Soulages : « Le maître de l’Outre-noir » comme l’affirment certains. Des noirs certes différents mais noirs quand même. De la lumière dans tout ce noir ! Ou alors, pour rester dans le monde de la peinture, Van Gogh, oh pas le peintre avec une palette de couleurs belles et folles mais les débuts du peintre avec ses représentations de gens simples comme cette série sur les paysans et notamment « Les ramasseurs de pommes de terre ». Un dégradé de marron et de noir. Une petite lumière, dans le fond. Vincent explique ceci, dans sa correspondance, avec son frère Théo « J'ai voulu, tout en travaillant, faire en sorte qu'on ait l'idée que ces petites gens, qui, à la clarté de leur lampe, mangent leurs pommes de terre en puisant à même le plat, ont eux-mêmes bêché la terre où les patates ont poussé ; Ce tableau, donc, évoque le travail manuel et suggère que ces paysans ont honnêtement mérité de manger ce qu'ils mangent ».
Nous étions en avril.... A Nuemen. Plus tard personne ne s'est posée la question « Mais qui a tué Vincent ? » Après, on a évoqué un suicide et cela arrangeait tout le monde, enfin certains.
Bref je n'avais aucune envie. C'est devenu tout noir ! La lampe s'est éteinte. __ __ __ __
J'ai enlevé les lacets de mes chaussures, posé ma veste. Voilà, c'était réglé. (AM,BM) = (MA,MB)
Pour me donner bonne conscience j'ai fait du ménage. Pendant plus de trois heures, entrecoupés de reportages, j'ai remué ciel et terre. Du sol au plafond, ou presque. C'est ainsi que je suis passé de la chambre au salon puis la salle de bain. C'est dans cette dernière que j'ai constaté le linge en attente. J'ai revu le quartier où se situe Pôle Emploi et à cinquante mètres tout au plus, une laverie.
Je fais faire d'une pierre deux coups. Ni une ni deux je prépare mon sac, la lessive et l'appoint.
Le temps de manger et hop me voici dans la laverie. Je lance la machine à treize heures vingt.
J'arrive à Pôle Emploi il est treize heures vingt-cinq.
A treize heure trente on vient me chercher, c'est ma conseillère, on s'engouffre dans le bureau.
Je me lance « Voilà j'avais prévu d'aller voir l'avocat comme je vous l'avais signalé la dernière fois mais je n'en ai pas eu le courage. - J'aurai dû normalement reparler de ces factures faites à la main et la manière d'essayer de contrer ceci...Et puis j'ai douté.
Vous, je souhaitais avoir votre avis car j'ai décidé d'écrire à mon frère et j'aurais aimé savoir ce que vous pensez du contenu de cette lettre. Parfois je peux mal m'exprimer, au risque de paraître méchant, déplacé alors que ce n'est nullement le but recherché. Il n'y a aucune malice dans mes propos ». Elle me répond favorablement mais avant toute chose me demande.
« Quelle est votre quête ? Quel message devrait émerger de ce courrier ?
-Je souhaite qu'il sache que la facture ne correspond pas à la prestation, devis des autres entreprises à l'appui ». Elle ouvre l'enveloppe et lit sans rien laisser paraître.
Le silence est roi.
« Oui c'est bien cela qui apparaît mais j'ai une question si vous me le permettez. C'est toujours par courrier que vous communiquez ? ». Je crois qu'elle a ajouté « Dans votre famille ? ».
C'est vrai, c'est bizarre comme moyen de communication mais c'est ainsi, simple constatation.
Alain n'a pas voulu communiquer son numéro de téléphone sur les papiers du tribunal et quand il m'appelle c'est en masqué. Joëlle, quant à elle, elle le possède. C'est sûr je suis le vilain petit canard.
J'ai l'impression d'être au premier rang d'un cinéma qui rediffuserait pour la ixième fois ce vieux film de 1976 « Affreux, sales et méchants » d'Ettore Scola et d'entendre en stéréo « La famille, c'est comme les godasses, plus elles vous serrent et plus elles vous font mal ». Là, ça fait que mal !
Alain a de très bonnes raisons de m'en vouloir mais Joëlle, pourquoi ? J'ai toujours tout payé pour elle. Chaque fois que l'on devait participer à un cadeau ou quoi que ce soit d'autres elle disait toujours « Oui, mais là, je n'ai pas d'argent. »
Après ce fut Angélique « Oui, mais tu sais, ma mère n'a pas d'argent ».
Résultat, je payais, et pas qu'une fois, une bien mauvaise habitude en réalité. Une des dernières fois c'était pour la tombe du père. J'ai fait cadeau de plus de quatre cent euros. Un peu forcé il est vrai.
Même pour l'anniversaire de la mère elle n'a pas participé. J'ai quand même dit à la mère son implication financière. J'allais dire, ceci en est presque marrant, elle ne paie jamais et pourtant c'est elle qui embarque le tout lors de ce pillage d'appartement. Ah, cette famille Jusseron ! Quand je pense à eux je vois toujours cette même image. La famille Jusseron de l'autre côté de la vitrine du restaurant alors que chacun récupère ses habits. La peur de payer, certainement, non ?
Mais comme Alain n'a pas payé lui aussi...Putain de famille, famille je vous hais !
« Souvenir, souvenir ! » Chantait ce juke-box sortit tout droit des années soixante et mauvais souvenir quand je repense à cette tombe. Joëlle a disparu des radars grâce à sa fille et Alain aussi.
En effet, à cette époque je ne croisais ni l'un ni l'autre. La famille se limitait à la mère.
Je me suis dit qu'il devait avoir de bonnes raisons pour faire ainsi. Et puis ce n'était que de l'argent.
Bref, j'ai oublié... C'était du passé... Pas important. C'est la mère qui a remis cela sur le tapis. Comme ça, sans prévenir. « … Et pour la tombe, Joëlle et Alain, ils ont payé ? »
Au début je n'ai pas répondu ou à côté et comme toujours elle a insisté, lourdement devrais-je dire.
Alors j'ai dit « C'est bizarre on dirait que tu es au courant ? »
Elle a blêmi, cela se voyait, mais très vite elle s'est reprise « J'ai téléphoné à Alain ! »
Je n'ai rien dit. Ceci était tout à fait possible, non ?
Aujourd'hui, avec les procurations j'ai la réponse, bien sûr, toujours et encore trop tard.
C'était comme une mini-pièce de théâtre, une ou deux scènes tirées d'actes différents. Ce qui vient de se dérouler fait partie de l'acte un. Changement de scène et changement d'acte.
Un jour, au restaurant, avec la famille et sans savoir que ce serait la dernière fois que nous nous retrouverons, Alain me pose une question. Il parle doucement et en même temps que je l'écoute je vois du coin de l’œil la mère très attentive à la discussion. La formulation fut brève et la fin tout autant « … On doit combien pour la tombe ? »
« Vivre est naviguer dans un océan d’incertitudes
en se ravitaillant dans les îles de certitudes. » Edgar Morin.
J'ai été très surpris. Je ne comprenais pas. Pour moi, c'était réglé. Pourquoi ici et maintenant. Où l'on retrouve la mère dans toute sa démesure. Elle avait appelé pour sûr mais pas à l'instant dit, plus tard.
Après la saynète de l'acte un. Je ne savais quoi répondre. Avec difficulté je me suis rappelé de la somme et j'ai dit « La somme globale de la facture est de 1690 euros. »
Alain s'est retournée vers sa femme, d'où j’étais, je ne la voyais pas vraiment, Alain la cachait pour les trois quarts. Elle lui a parlé ou plutôt chuchoté un truc et Alain m'a dit « Oui, mais pour nous, cela coûte combien ? » J'ai redonné la même somme. Alain a chuchoté à sa femme, l'a écouté puis il a renouvelé cette même question. Là, à cet instant, j'ai pensé qu'il me prenait pour un con.
Et la mère qui n'en perdait pas une miette, les oreilles dirigés dans une seule direction. Je ne pouvais pas être plus précis car la mère savait exactement la somme que ceci m'avait coûté. Comment expliquer que j'en payais la moitié et un quart pour les autres. La mère n'était pas au courant de cet arrangement alors...J'ai redonné la même somme.
Bernadette se cachait derrière mon frère et j'avais vraiment l'impression d'être le con de service.
Je me suis tu. Fin de l'histoire. Tout le monde descend et moi en premier.
Comment la mère a dû jouir. Peut-être la petite fille. Sûrement !
Cela se passait ici et maintenant, sous ses yeux !
Angélique m'avait parlé d'Alain en des termes peu élogieux, une fois comme ça au téléphone.
J'y ai pensé, à cet instant très précisément... Une histoire de lâcheté.
« Quelle chose étrange une famille ! Une réunion fortuite de gens étrangers,
une association absurde. » Alberto Savinio.
De mémoire Joëlle ne m'a jamais fait de cadeau sauf si l'on compte un calendrier pour Noël. Son nouveau mari travaille dans une imprimerie. C'est gratuit, c'est pratique et ça tombe bien pour la nouvelle année. La chose a dû se produire deux années consécutives et puis...
d t Ro d z R(t)
Univers en expansion : dt = dz ---- ----------> 1 + z = ----- dt = - ------------ --------> H (t) -----
d z R(t) (1+z) H(z) R(t)
Je me revois à l'approche de Noël, j'arrivais plusieurs jours avant, avec les bras chargés de courses ;
J'ai toujours su profiter des promotions et autres discounteurs qu'ils soient de grandes enseignes ou de simples particuliers. En moyenne la facture est divisée par deux, mais souvent on peut approcher les soixante-dix pour cent voire plus. Et du côté des particuliers discounteurs, l'article peut être divisé par trois, quatre et plus. J'en profitais pour leur offrir des plaques de saumon format familial qu'ils n'auraient jamais pu se payer, de la viande, des légumes qui leur étaient inconnus, des douceurs diverses et variées...Aujourd'hui je constate.
Je revois Joëlle et son premier mari qui nous invitaient pour Noël et les anniversaires. Ils sortaient de leur placard un gâteau Brossard, prix conseillé moins de deux euros, et nous on apportait les cadeaux que le Père Noël n'avait pas emportés. Ou pour les anniversaires.
Je reviens dans la réalité.
« Vous savez ça fait cinq ou six lettres que je lui ai envoyées. Parfois il me répond, et parfois pas. »
Je lui raconte le vidage d'appartement et le fait que je n'ai rien récupéré, pas même des papiers me concernant. Je lui ai proposé de me téléphoner s'il pensait que j'étais dans mes droits sinon j'en déduirais... Il n'a jamais téléphoné.
Je lui raconte également le jour de l'enterrement et mon téléphone tombé dans la voiture... De cet air las et fatigué...Peut-être de m'avoir trop vu. J'ai l'impression de ne plus pouvoir m'arrêter.
Je regarde sans vraiment voir, l'air absent. C'est comme si je revivais l'instant. C'est clair, ce n'est pas comme pour un entretien d'embauche à s'observer les yeux dans les yeux.
Je lui dis comment ma propre sœur me prend pour un con. La première fois où je l'ai appelée et cette ligne toujours là mais personne au bout du fil et quand je lui ai demandé des explications :
« Moi je ne réponds jamais à un numéro que je ne connais pas. Un appel ? Non, cela ne me dit rien ». On sait qu'elle ment mais que faire ? On sait qu'elle ment, c'est comme la mère, comme Angélique. Les yeux dans les yeux et à chacun de mentir. On sait qu'elle ment, bien sûr, mais que faire...On le sait mais ici pas de place pour un dialogue, c'est une impasse avec un seul son de cloche, le sien, « la vérité si je mens ! »
Je lui raconte mes rencontres avec ma sœur. La caserne des pompiers alors qu'ils habitent juste à côté. « Ils ont peur que je découvre leur intérieur avec les meubles, et tout le reste, de la mère »
C'est à eux, surtout depuis l'annonce d'Alain et son souhait de ne rien récupérer. Ils ont dû me mettre dans le même sac, trop commode. J'ai continué à parler tel un puits sans fond, je fixais un mur blanc. Ce mur c'était l'écran où les images défilaient, moi je commentais. « Sur l'écran noir de mes nuits blanches- aurait pu dire Claude Nougaro - moi je me fais du cinéma... ».
J'ai fini par une constatation que je qualifierai d'amer « Vous savez, le pire, c'est que je serai le premier à disparaître et je sais que mon frère ne voudra rien récupérer à mon décès. Comme pour la mère. C'est Joëlle qui héritera de tout et donc de la maison. C'est fou, non ? ».
Là, j'ai levé les yeux dans la direction de ma conseillère. Elle était toujours là, face à moi. Elle était droite sur sa chaise, les mains posées sur le bureau. On aurait dit une bonne élève. Elle était là, face à moi, attentive. Une seule chose trahissait la situation, ses yeux étaient remplis de larmes.
Pas des larmes de starlettes que l'on repousse d'un coup de doigt.
Pas les yeux rougis mais des grosses larmes prêtent à couler le long de ses joues.
Je voyais qu'elle faisait tout pour ne pas le montrer mais c'était trop tard... J'étais tellement étonné que je l'ai regardée une ou deux secondes, parfois les secondes savent être très longues. Elle est restée ainsi, les yeux pleins de grosses larmes qu'elle retenait.
Elle a tenu bon. Je me suis dit que cela avait dû être très dur. « Les mots, comme les larmes,
coulent parfois tout seuls. »
J'ai regardé à nouveau ce mur mais il n'y avait plus d'image.
J'ai parlé, dans un sens général, du mal que peuvent faire certaines personnes, de ce côté animal.
Quand j'ai regardé à nouveau ma conseillère, elle avait retrouvé les yeux secs, ou presque. Elle a repris certains de mes termes et m'a même parlé de manipulation « Vous devez faire attention à vous. Vous êtes seul, isolé et à la merci de tous. Vous devez faire attention au présent, bien sûr, mais ne pas oublier pour autant l'avenir ». Elle m'a conseillé de reprendre contact avec le notaire pour au moins récupérer mes papiers personnels et autres photographies me concernant et puis de bien réfléchir avant d'envoyer la lettre à mon frère et de me préciser « Vous ne pensez pas que ce serait bien mieux d'en parler de vives voix ? ».
Je lui donne raison pour tout. C'est une excellente théorie, et puis il y a la pratique... Winston Churchill rigole « Si tu traverses l'enfer, ne t'arrête pas. Continue d'avancer. » __
Nous nous donnons rendez-vous dans un mois. A = i V3.
Quand je retrouve les couloirs de Pôle Emploi je repense à tout ça. Mon étonnement face à cette réaction, pourtant très humaine en réalité.
J'ai aimé ses conseils. Par petites touches. Ce respect. J'ai aimé cette réactivité. Cela fait un peu plus d'un an qu'elle est devenue ma nouvelle conseillère. Au début nos relations ont été très mauvaises. Puis, au fil de nos rencontres mensuelles, nous nous sommes comme qui dirait apprivoisés à l'image du Petit Prince et du renard. Après nous avons travaillé main dans la main et nous avons d'ailleurs décroché certaines victoires. Nous étions sur la bonne voie. Et dans la bonne direction.
Et puis, crac !
Je n'ai pas honoré notre dernier rendez-vous alors elle m'a téléphoné en fin d'après-midi.
Je lui ai dit le décès de ma mère. Elle s'est presque excusée, elle m'a dit qu'elle me rappellerait mais a tenu à me dire.
« J'espère qu'en ces temps pénibles vous n'êtes pas seul ? ».
J'ai répondu « non. » Bien sûr, c’était faux. Faux et usage de faux.
Elle m'a dit que je devais prendre du temps pour moi, pour ma famille. Puis il y a eu notre rencontre, dans un bus, alors qu'elle partait au travail. Je parlais de réactivité et le mot n'est pas galvaudé. Elle a compris que l'humain prenait le pas sur le travail. La santé, la santé mentale avant toute chose... Même si certains persistent à penser que le travail c'est la santé.
Je vais rejoindre mon bus et j'entends ma conseillère au loin me déclarer « Pourquoi dites-vous que vous serez le premier à disparaître, un pressentiment ?
-Non, purement médical, madame...En même temps si j'avais fait confiance à la médecine il y a belles lurettes... ».
« Souris pour escroquer ton désespoir, souris pour continuer de vivre... souris pour croire que rien n’importe... souris toute ta vie à en crever et jusqu'à ce que tu crèves de ce permanent sourire. »
Je quitte les locaux de Pôle Emploi définitivement. Merde, j'allais oublier la laverie. C'est mon sac de sport qui me le rappelle alors que j'allais m'engouffrer dans le bus...
_
a = b . x + b . a
11 1 2 20
Lire c'est disparaître, lire c'est faire corps avec soi-même.
Lire c'est éteindre le bruit des autres pour tenter d'atteindre sa propre mélodie. »
Laure Adler.
De multiples à « multiverts ».
Où notre univers ne serait qu'un parmi d'autres.
« Les univers possibles sont beaucoup moins nombreux que l'on pouvait y penser » c'est une des dernières études de l'astrophysicien Stephen Hawking. Mais ces univers multiples ou « multiverts »
comment cela fonctionne-t-il ? En fait l'idée des univers multiples émerge d'une théorie suggérant qu'a sa création, lors du Big Bang, le cosmos a subi une expansion fulgurante. Toutes les régions de l'espace n'auraient pas évolué à la même vitesse créant différents univers-bulles. Notre univers étant une de ces bulles. On pourrait dire un îlot dans le méta-monde et Aurélien Barrau, astrophysicien d'ajouter « Un îlot dérisoire dans un immense méta-monde indéfiniment vaste et diversifié ». Plusieurs savants parlent d'une révolution comparable à la rupture Copernicienne.
Des mondes sans lumières, des mondes sans matière et la liste est bien loin d'être exhaustive ...
Commentaires
Enregistrer un commentaire