CHAPITRE 18

CHAPITRE 18. Le mardi 3 octobre, l'année précédente. (premier acte, suite et fin) Où la justice revient au centre de l'histoire. « L'homme qui tombe, rien ne lui permet de sentir qu'il touche le fond. » JD Salinger. Comme souvent, hélas, j'ai hyper mal dormi. J'ai bien pris un somnifère mais rien n'y a fait. Tout au plus, et je m'en satisfais presque, j'ai dormi environ une heure trente. J'ai tourné et retourné dans mon lit. Tout d'abord version silence puis avec l'appui de la radio. Je connais presque tous les programmes de mes radios favorites et même les autres. Parfois j'écoute même des débats qui devraient me laisser de marbre, des biographies de gens qui me sont inconnus. Puis n'y tenant plus je me retrouve au salon, version télévision. Là encore je zappe comme un fou. C'est dingue comme les programmes télé peuvent être vides de sens mais je persiste et signe. Puis parfois une pépite m'entraîne dans la nuit. Les heures passent. Vers trois, quatre ou cinq heures du matin je rejoins la chambre pour tenter de dormir. Il est très rare que j'y arrive alors vers les six heures je me lève comme l'on dit «  la tête dans le cul ». Aujourd'hui s'inscrit dans cette lignée. Pour l'heure je suis en pleine interrogation. Devrais-je arriver au tribunal à l'heure dite, avant ou après ? Je pense arriver en dernier, au moins tout le monde sera là et chemin faisant je pourrais observer leurs comportements. Je me demande bien pourquoi Angélique est la seule à comparaître. Et ses deux frères ? Il y a comme un hic ! Ce n'est pas normal. Avec Angélique j'hésite entre deux solutions : Soit je mets mon doigt sur la bouche comme un long chut « Silence, pas la peine d'en parler, pas la peine d'en reparler » soit je m'imagine lui dire « T'es fière de ce que tu as fait ? Tu n'as pas honte ? ». Pour l'heure je vérifie que les dossiers que l'on me demande sont bien là. J'ai bien signé là où il fallait, les photocopies demandées sont présentes et j'ai préparé un courrier d'un feuillet pour expliquer ma situation et demander que ma nouvelle adresse ne soit pas communiquée. Tout est dit. Les heures passent. Je me sens angoissé à l'idée de rencontrer tout ce « beau monde ». 2y 2 J'ai ma tenue prête pour ce moment qui risque d'être mémorable. X = ( ---- ) : h ( r ) - u Je me sens tel un coureur de cent mètres, à fond dans les starting-block. V2 J'attends le coup de sifflet prêt à libérer une tension déjà trop forte. Il n'est pas treize heures quand je ferme la porte de mon appartement. Et il est tout juste treize heures trente quand j'arrive au tribunal. J'ai eu toutes mes correspondances comme par magie. Comme d'habitude je suis le premier. Je m'assieds sur le premier banc face aux escaliers que je viens tout juste de descendre. Moi qui ne connais des tribunaux que des images de documentaires ou de films j'ai l'effet d'être dans un autre monde. J'écoute la radio sur mon téléphone, avec mes écouteurs, sans arriver à fixer ni la station ni mon esprit. Des gens descendent des escaliers prêts à comparaître. La plupart des avocats rejoignent cette pièce par une autre entrée de plain-pied. Un homme de service passe et repasse avec un chariot plein de dossiers. « Le mal est facile, le bien demande beaucoup d'efforts. » Je ne sais plus si c'est ma sœur ou son mari qui ouvre à nouveau la porte. Théognis de Mégare. Voilà, ça commence. J'ai une boule dans le ventre. Tous deux descendent ces escaliers qui me semblent interminables, passent à quelques mètres de moi et s'installent sur le banc à côté du mien. Une colonne nous empêche de nous voir. Durant le trajet je garde la tête baissée comme absorbé par la radio mais ce n'est qu'un leurre. Le temps passe...Ma sœur ne bouge pas de son banc, impossible d'en savoir plus. Je me dis qu'elle doit m'en vouloir suite à ma dispute avec ma mère. Pendant ce temps son mari fait les cent pas en m'ignorant totalement. Bonjour l'ambiance ! A chaque fois que la porte s'ouvre je m'attends à voir Alain, mais rien. Des gens, peu nombreux, envahissent les lieux. La porte s'ouvre à nouveau, d'abord timidement...C'est Alain et sa femme. Je fais celui qui regarde ailleurs alors que je n'en perds pas une miette. Je vois très nettement qu'il sursaute quand il m'aperçoit. Il se retourne vers sa femme. Ensemble ils descendent les escaliers. La logique aurait voulu que comme ma sœur ils passent près de moi mais une porte que je n'avais pas vue auparavant les fait disparaître. J'ai les oreilles qui sifflent, c'est sûr ! La porte s'ouvre à nouveau. Ils passent ensemble à quelques mètres de moi et s'installent sur un banc, loin sur ma gauche. Je les vois, enfin plutôt les devine car la distance se veut conséquente. Voilà nous sommes prêts. Nous sommes mal mais prêts ! J'en veux à la personne qui nous oblige d'être là. Ça fait mal, Très mal. Mais il manque un acteur pour que la fête soit totale. Angélique arrive, je remarque qu'elle a pris quelques kilos depuis la dernière fois, c'était il y a cinq ans, elle passe devant moi et rejoint sa mère. Cette fois ci la pièce est prête à être jouée. Je pense à William « Nous sommes tous des comédiens. Nous répétons, sans cesse, une pièce que nous ne jouerons jamais ». Ne reste plus que les trois coups pour lancer le tout. « Dubito ergo cogito, cogito ergo sum, sum ergo Deus est. » Descartes. A l'image de la vie j' apprends la patience. Je ne le sais pas encore mais près de deux heures vont ainsi s'écouler avant le grand dénouement. Ça promet. Je reste là, seul, sur mon banc. Ça fait mal, très mal. Bernadette et Alain discutent entre eux. Bien sûr je n'entends rien et puis de toute manière je ne suis pas curieux contrairement à cette famille. Puis Joëlle et Angélique rejoignent le banc de Bernadette et Alain. Idem, j'ai la vue mais pas le son. J' imagine que je dois en prendre plein les dents. Le temps me semble vraiment comme suspendu. A leurs lèvres, qu'importe. Je suis le vilain petit canard de l'histoire. Ça discute ferme. J'ai baissé les yeux pour ne plus avoir à constater ce spectacle où il me semble en être le centre. Vraiment, je suis seul au monde. « Comme un avion, sans aile. » Au loin une chanson de Renaud me revient en mémoire « Allez déconne pas Manu y' a des larmes plein ta bière...Mais Manu vivre libre c'est souvent vivre seul...Quand tu l'as rencontrée, dis lui, que tu t'es trompé d'histoire... ». Je regarde mes pompes sans vraiment les voir. Quand soudain Angélique me fait front. Joëlle est quelques pas en retrait. Je m'entends lui dire, après l'avoir fusillé du regard « Tu n'as pas honte ? ». Elle semble sidérée. Elle me joue le grand jeu. Un rôle à sa mesure ou à sa démesure ? J'ajoute « Tu n'as pas de honte. Tu fouilles mes comptes, bancaires j'entends, et tu joues la fière. C'est une honte ! ». Joëlle qui s'est rapprochée ne pipe mot. Angélique se met face à moi, à quelques centimètres de mon visage « Honte de quoi ? Tu crois que je suis au courant de tes comptes ? T'es fou. Je te jure que... ». Je ne sais qui croire, j'en oublie les preuves que j'ai accumulées au fil du temps et elles sont nombreuses. Je vais encore me faire bananer. « C'est une honte te dis-je. Avec la, je ne sais plus comment j'ai nommé ma génitrice, vous êtes toujours remplies de curiosités malsaines. Tiens ! C'est comme Alain quand il s'est mis en ménage avec Bernadette. Toi et Joëlle auraient payé pour découvrir où ils s'habitaient, voir un peu plus précisément l'appartement et le critiquer. » A cela elles répondent presque en chœur « C'est pas pareil. Les filles c'est comme ça ! ». Pourtant Pascal l'avait bien précisé « Curiosité n'est que vanité. Le plus souvent on ne veut savoir que pour en parler. » J'aurais pu leur dire que ce n'était pas une histoire de sexe mais d'éducation voire d'intelligence. Au contraire je reste silencieux. C'est comme si la sidération changeait de camp. Angélique me raconte qu'elle s'est séparée de son mari. Perdu la garde de ses trois enfants. Elle me précise, comme si cela était tout à fait normal « J'ai le droit de les voir un week-end sur deux et une partie des vacances. Pour pouvoir bien les accueillir j'ai demandé cinquante euros mensuel par enfant mais le juge ne l'a pas accepté ». Tu m'étonnes, non ? Ça voiture a brûlé, nous avons un point en commun. Un de ses frères aussi a divorcé mais je ne sais même pas lequel car j'entends d'une oreille sans vraiment enregistrer. Elle n'arrête pas de parler, un véritable moulin à paroles. J'arrive quand même à lui demander pourquoi elle et pas ses frères. Elle me répond, du tac au tac, qu'elle n'en sait rien. Une avocate lui aurait dit que la chose était effectivement bizarre et comme son fils, le plus grand, allait avoir dix-huit ans, elle avait peur qu'il ne rejoigne la liste des débitants alimentaires. Je leur demande si elles rencontrent la mère. Joëlle me dit qu'elle se rend à la maison de retraite une fois par mois et qu'aujourd'hui elle ne peut plus se lever. Je lui réponds dans la foulée « Et bien, on peut dire que tu n'es pas rancunière ». « Ris, et tout le monde sera avec toi, pleure, et tu pleureras seule. » Joyce Carol Oates. Angélique me précise que sur ces deux dernières années elle ne l'a vue que deux fois. Je ne me souviens pas du reste de la discussion mais avec Joëlle je me surprends à sourire, presque à en rire. On rit, et puis ce rire se transforme en tristesse. Et moi quand je pense à ce mot je ne vois que Françoise « Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C'est un sentiment si complet, si égoïste que j'en ai presque honte... » Je crois que Françoise Sagan me manque. Quand je pense à elle j'imagine le temps que lui a pris la rédaction de cette phrase d'accroche. C'est Beau comme du Hugo, du Proust, ou du Camus. Un jour, comme pour Proust, on redécouvrira la prose de Françoise. On parle parfois d'une période au purgatoire, non ? La vie nous apprend la patience et Françoise de finir « Ce n'est pas parce que la vie n'est pas élégante qu'il faut se conduire comme elle ». Et la conduite, Françoise, elle connaissait ! Angélique n'arrête pas d'avoir envie de fumer. Alors bonne pomme je lui propose de l'accompagner vers la sortie. Joëlle rejoint quant à elle le banc où se trouve son mari. Une fois dans la rue elle allume aussitôt une cigarette. Elle me parle des conditions de son divorce. Des gens qui l'ont beaucoup déçu. J'écoute, je fais un ou deux commentaires assez brefs. Avant de replonger dans l'enceinte du tribunal je lui propose, si elle le souhaite d'en griller une dernière, elle ne se fait pas prier. Retour à l'intérieur. Le banc sur lequel je m'étais posé étant occupé par d'autres personnes j'en trouve un autre presque en face de ma sœur. Je m'assieds, Angélique également. Et c'est reparti de plus belle à part que là je n'enregistre plus rien. Bernadette passe devant moi. Je me demande si elle ne vient pas de me dire bonjour, mais je n'en ai aucune certitude. J'étais trop loin dans mes pensées. J'aurais pu demander à Angélique, je n'y ai pas pensé ou peut-être pas voulu. C'est dommage, c'était l'occasion d'en parler, peut-être de faire la paix même si je n'y crois guère. C'est à ce moment là qu'on appelle les quatre protagonistes de l'histoire. Nous sommes six à nous lever, en chœur, comme un seul homme. Les quatre concernés plus le mari de Joëlle et la femme d'Alain. La personne reprécise les personnes attendues face au juge. J'ai l'impression qu'Alain se sent seul sans sa femme. Il demande si elle peut l'accompagner mais rien n'y fait. « L'intention fait la culpabilité et délit. » Aristote. Je m'assieds face au juge et au greffier, je prends la première place à côté de la porte. Quatre chaises ont été prévues pour l'occasion. Angélique s'installe sur ma droite, Joëlle à droite de sa fille et Alain à droite de Joëlle. En face deux autres places trouvent preneurs. Il s'agit de la directrice de l'EHPAD et d'une dame qui s'occupe de la mère, Curatelle quand tu nous tiens. Le juge explique la raison de notre venue et rappelle le droit des enfants à venir en aide à leurs parents. Elle tient à préciser, dès le début, qu'un arriéré des sommes dues ne peut être envisagé. Je mets un coup de coude à Angélique car durant ces heures d'attentes, hormis le problème de sa présence, j'avais évoqué que ces sommes ne pouvaient en aucun cas être dues. Puis ce même juge s'étonne de la présence de la petite fille et rappelle qu'en aucun cas elle ne peut être concernée. Dommage, le juge ne demande à personne qui l'a invitée à se présenter. Elle aurait dû sortir, non ? Mais non, le juge laisse en l'état et continue. 2 Nous voici dans le vif du sujet. a x + b x + c = 0 Joëlle tend ses documents et précise que son mari touche 1490 euros par mois et qu'elle ne travaille pas d'où l'incapacité pour elle d'aider. C'est au tour d'Alain. Il tend ses documents et dit « Je touche 1690 euros par mois, ma femme 1790 euros mais j'ai plusieurs crédits – Il précise – Je ne suis pas d'accord pour une chambre individuelle et je suis prêt à payer 300 euros par mois ». Le juge constate qu'aucune pièce jointe n'est fournie et s'en étonne. Et pour moi comme pour Angélique à mes côtés c'est la stupeur, je ne vois pas la réaction de ma sœur, la douche froide. Alain explique « Que c'est sa femme qui a tout préparé » et qu'il souhaiterait sa venue. Le juge tend une feuille à mon frère et Alain de déclarer « Je ne sais pas lire, Madame ». Les bras m'en tombent ! Des difficultés peut-être mais de là... 149 597 870 700ua env Terre/Soleil Angélique me demande « Tu étais au courant ? » Je réponds « non ». Je m'y prends mal mais comme pour confirmer mes dires je lui dis « Tu sais ta mère a elle aussi des difficultés. Tu sais la vie n'était pas facile dans cette famille ». Je repense à un reportage vu sur Arte, sur la maltraitance au sein d'un institut. J'ai pensé à Alain, là bas. Toutes ces années... Alain n'était pas un imbécile, en tout cas pas pour moi. S'il avait eu des problèmes d' écriture, et là c'était bien pire, que fallait-il en penser ? Jamais nous n' avions évoqué la chose. J'avais honte. De moi, de cette putain de famille, de tout. Je le sentais très mal à l'aise. Je l'ai revu, c'était il y a plus de vingt ans, en train d'acheter une machine à écrire. J'ai compris pourquoi... J'ai regretté que nous n'ayons pas profité des différentes saisons partagées – au moins deux minimum – pour en parler et régler définitivement ce problème. C'était faisable si...Dommage ! Le juge le laissa rejoindre sa femme à l'extérieur. Alors ce fut mon tour. Je tends les documents et une lettre pour expliquer ma situation et le fait que je ne souhaite pas que ma nouvelle adresse soit connue. Le juge parcourt le courrier avec attention, puis les documents joints. Ce juge, depuis le début, semble très humain. Il résume par ces mots « Vous touchez 471 euros, c'est le RSA, et vous avez un loyer de 355 euros. Vous pouvez payer quelque chose ? » Que répondre sinon : « Non ». J'aurais pu dire cinquante euros et même cent en me privant mais pourquoi le proposer alors que ma sœur ne faisait aucun effort, comme toujours. Alain réapparut avec sa femme et les documents. Le juge, avant de redonner la parole à Alain et sa femme déclare « Je vais voir avec ces messieurs dames mais d'ores et déjà je vous précise, qu'en référé, mon jugement aura lieu le vingt et un de ce mois ». La séance est levée. Pharell Williams « La vie est un carrousel. Elle monte et descend. Tout ce que tu dois faire, c'est rester dedans. » Je fais de même, suivi d'Angélique et Joëlle. Je vois les documents étalés devant Bernadette et Alain, chacun essayant d'y comprendre quelque chose entre le juge et la greffière. Joëlle rejoint son mari. Angélique me rappelle son incompréhension quant à la déclaration d' Alain, je comprends que, comme moi, elle a été vraiment choquée. Joëlle quitte le tribunal en me saluant d'un signe de la main, son mari se fait lui beaucoup plus discret. Nous restons avec Angélique quelques instants devant le tribunal. Elle parle comme toujours beaucoup, je réponds un peu...Puis je lui tends la main en guise d'au revoir. C'est la première fois que je ne l'embrasse pas. Au final elle me dit « Si tu veux tu peux me joindre, tu connais mon téléphone ». Nous nous séparons chacun de son côté. J'aurais aimé attendre la venue d' Alain et de Bernadette mais je ne suis pas sûr de la réciproque. Alors je suis parti. C'est peut-être la dernière fois, dommage ! Je m'en remets à Clément Rosset « Il n'y a pas de délires d'interprétation puisque toute interprétation est un délire ». Et d'ajouter, en guise de final « Autant être heureux et ne pas se tourmenter, puisque le pire est incertain. Sois l'ami du présent qui passe, le futur et le passé te seront donnés par surcroît ». Et pourquoi pas, non ? « La lecture est à l'esprit ce que l'exercice est au sport » Il était une fois... Quelque part sur le continent Européen LE BRIGAND ET L'ARAIGNEE. (Librement inspiré de ma professeure de français.) « La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du Il était une fois...Un homme de peu de vertu. monde pour lui trouver un sens » Pennac Partout où l'on entendait parler de lui, c'était toujours en mal. Il était voleur. Il était violeur aussi. Il assassinait à tour de bras, sans vraiment se poser de questions et à l'occasion cela ne le gênait pas de brûler des habitations quand ce n'était pas un village tout entier...Bref, quelqu'un de pas vraiment fréquentable, non ? Partout, on l'appelait le brigand. Avec le temps, il s'était « fabriqué » une petite armée, à son image. Justement c'est là que nous les retrouvons. Ils viennent tout juste de brûler une vieille maison, les habitants n'ont pas survécu. Ils ont fait corps avec leur domicile, ils ont brûlé ensemble. Ils sont là, sur le chemin. Ils traversent une forêt. En route vers de nouveaux délits. Le brigand assure la tête du cortège. Plusieurs mètres le séparent des premières lignes de son armée Il avance fièrement, le torse bombé ! Quand...Au détour d'un chemin il observe une araignée. Sans y faire vraiment attention l'araignée se retrouve sous la semelle du brigand. Elle semble ne pas réaliser que l'histoire pourrait très bien s'arrêter ici. Lui, par contre, s'en rend compte...Mais que vaut une araignée, sinon rien ? A sa grande surprise, il constate que sa chaussure a glissé vers la gauche laissant une échappatoire à l'araignée. Celle ci disparaît aussitôt. Il en est vraiment le premier surpris mais très vite il passe à autre chose...Et le temps passa... Le temps est passé, et même repassé. Les rides sont là pour en témoigner. Son armée a fondu comme neige, pas même besoin de soleil. Il est seul, il a froid...Il attend la mort...Elle arrive...Son âme s'envole. « L'homme n'a point On frappe à la porte du Paradis. de port, le temps « Paradis pour les uns, pas un radis pour les autres » déclarait un manifestant... n'a point de rive ; Dieu « Entrez...Entrez donc mon enfant ». il coule, Le brigand entre et referme par la même occasion la porte. Et nous passons » Dieu « Alors, avez-vous fait du bien dans cette vie ?...Voyons voir ». A de Lamartine. Le brigand ne se sent pas vraiment à son aise. Dieu «Ah oui...D'accord...Votre vie est à l'opposé d'une vie tournée vers la bienveillance... - Il toussa plusieurs fois comme pour masquer une certaine gêne – Hélas, je ne crois pas être porteur de bonnes nouvelles, vous devez bien vous en douter ». Il lui indiqua son nouveau lieu de résidence : L'Enfer ! Près de deux siècle avant JC, Plaute écrivait : « L'homme est un loup pour l'homme. » Au milieu des flammes, la vie n'était pas facile. Les coups bas faisaient, eux aussi, partis du quotidien. Un jour, alors qu'il observait ce ciel rouge, il lui sembla voir comme un fil. Il regarda autour de lui mais personne ne semblait réagir. Le fil continua sa longue descente. ZZZZZZZzzzzzzzzz. Le brigand ne le quittait pas des yeux. Il était à deux mètres du sol désormais. Il bondit tel un félin et commença son ascension. Les autres, d'abord intrigués, comprirent vite la bonne occasion et se hissèrent à leur tour. Le brigand se mit a crier « Vous n'avez pas le droit, c'est à moi qu'elle est destinée. Descendez ! C'est un ordre ! » Puis il enchaîna avec des coups de pieds... Alors le fil se rompu...zzzzzzzzzZZZZZZZZZZZ. Tout le monde descend ! La professeure reprit la parole « A votre avis pourquoi le fil a t-il rompu ? » Les imbéciles ont répondu «  Parce qu'ils étaient trop lourds ! » J'étais l'un d'eux.

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