CHAPITRE 17

CHAPITRE 17. Août- Septembre, l'année précédente (premier acte, la suite) Quand l'histoire se raconte en AR, et plus si affinités. Durant ces deux derniers mois j'ai eu l'impression de passer mon temps à la poste. D'abord le 29 août avec l'arrivée d'un nouvel AR. Une enveloppe encore plus grande que la première de la mandataire judiciaire avec l'ensemble des documents concernant les revenus et les charges de ma mère pour laquelle une demande d'obligation alimentaire a été déposée. Comme un effet de viol. Une vie mise à nu. Tout y apparaissait au centime près. J'ai parcouru ces différents feuillets, plutôt j'ai survolé ce tout. J'ai rangé tout ça. J'imagine qu'ils suivent la procédure mais, à moi, ceci ne m'a pas appris grand chose, pire j'étais très mal à l'aise. Puis le 25 septembre, avec une enveloppe de taille plus raisonnable, toujours de la mandataire judiciaire pour un complément d'informations. Deux informations me semblent importantes à retenir : Un certificat médical attestant l'absence de la mère à l'audience du mardi 3 octobre et un budget recalculé en tenant compte du souhait de la mère de pouvoir bénéficier d'une chambre seule. En annexe les photocopies du médecin certifiant l'état de santé ne lui permettant pas de se rendre aux convocations du juge des Tutelles ainsi que le montant corrigé pour bénéficier d'une chambre seule. ------------------------------------------------------------------ « Si ta gueule est de travers, ne t'en prends pas au miroir. » Nikolaî Gogol. -------------------------- Nous sommes le cinq septembre. Je viens de me rendre à la maison des Avocats et à la maison de la Justice. J'apprends par ces deux structures que c'est en réalité au tribunal de grande instance que cela se passe. Je dois m'y présenter les mercredis en mâtinée. On me précise que les consultations débutent à neuf heures mais qu'il est préférable d'arriver à l'avance. Le mercredi qui suit je suis enregistré pour le service consultation avocat, il est 8 h 30. Sur le ticket délivré par la machine il est noté «  qu'il y a une personne devant vous ». L'avocat arrive, prend place et ressort pour appeler le premier de la liste. Un homme, accompagné d'un autre monsieur, surgissent sans crier gare et tout ce beau monde disparaît dans le bureau. Une dame vient de prendre place sur l'une des banquettes. Des voix retentissent. Une porte claque ! L'homme, toujours accompagné par un autre monsieur, apparaissent dans le couloir, puis dans cette salle d'attente. L'homme semble fort mécontent ! Et il le dit. Avec force. Il jette même, de rage, le premier objet qui croise son chemin. En l'occurrence, son téléphone. Comme ça, en pleine tête ! C'est chaud, non ? C'est toujours ainsi. ? Bon, on verra bien. « Tous les yeux regardent, peu observent, très peu voient. » Albert Sanchez Pinol. Je rencontre l'avocat, un jeune homme sympa, et lui explique la situation. Je lui demande des termes techniques, si je suis obligé de me présenter, s'il n'y a pas de risque entre mes deux habitations... Il prend le temps de bien me répondre. Il m'explique que je suis obligé de m'y rendre et obligé de donner ma nouvelle adresse. Il me rappelle de ne pas oublier ma carte d'identité et les différentes photocopies demandées. Ce monsieur fait très bien son travail. Je lui demande d'ailleurs des informations quant à ma voiture. Je lui explique que le contrôle technique du véhicule n'est plus valable depuis le mois d'avril, l'incendie du mois de juillet et l'assurance qui couvre presque tout sauf les actes de vandalisme. A ma grande surprise il m'apprend que j'aurais dû utiliser l'assurance et le pourquoi de la chose. Je me dis que c'est bien fait pour ma gueule ! Platon disait « L'homme est un aveugle qui va dans le droit chemin » Pas sûr ! Pas moi, hélas ! Droit dans le mur plutôt, non ? Dans moins de trois semaines ce sera le grand jour. Je sens une boule dans l'estomac. Je retourne au tribunal pour une nouvelle consultation. Il me manque des éléments. Je rencontre une jeune avocate et je la bombarde de questions : Comment ceci va t-il se dérouler ? La parole on la prend ou on vous la donne et pour quelle durée ? La salle H niveau 0 est-ce une petite salle annexe, quelle configuration ? Quels magistrats seront présents à l'audience ? Aurons-nous une réponse immédiate ? Comme son confrère elle prend le temps de bien me répondre. Le seul petit hic, que je n'avais pas prévu, c'est que l'avocate fut aussi belle. Pour prendre une image désuète, on pourrait dire que je me suis noyé dans ses yeux, plus que forts jolis au demeurant. La petite fille parfaite. Belle, intelligente, à l'écoute et une manière de s'habiller qui mêlait rigueur et brin de fantaisie. Oui l'avocate était belle ! Le problème. J'ai eu des « absences » à différents moments. Je sais que je lui est posé la question sur la réponse immédiate ou pas. Impossible de m'en souvenir ! Elle me raccompagne et appelle le prochain. Quand je rejoins la salle d'attente c'est la cohue. J'ai bien fait d'être là de bonne heure car sans être Albert Einstein je sais que près de la moitié des gens présents devront se représenter mercredi en huit. En sortant du tribunal je me dis que j'ai fait le maximum. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre ce fameux trois octobre. Oscar Wilde me glisse à l'oreille « Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent, quelques fois, ils leur pardonnent ». r a ( 1 + --- ) 3 --------------- b « Ce dont on ne peut pas parler c'est aussi ce qu'on ne peut apaiser ; et si on ne l'apaise pas, les blessures continuent à s'ulcérer de génération en génération » Bruno Betteheim f (x) ( - 1 ) --------------- ( I x, 0 > - I x, 1 > ) V 2

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